Dans une note inédite relative au dolmen de Wéris
et antérieure à 1877, le juge Geubel
écrivait : "Il y avait une pierre à quelques cent
mètres de là qui était
énorme, appelée la longue pierre.
On l'a enterrée pour la faire disparaître du sol
où elle gênait". Le renseignement lui avait
été donné par M. Pironet, bourgmestre
de Wéris.
En fait, dans le "Champ de la Longue Pierre", ce sont trois menhirs qui
ont été signalés par les exploitants
agricoles. Ils avaient été culbutés et
enfouis anciennement (au 17ème siècle ?) parce qu'ils
entravaient les travaux agricoles.
Le plus grand a été exhumé en 1947 par
l'archéologue Hélène Danthine, qui le
fit déplacer de 130 m pour l'ériger le long de la
grand-route Barvaux-Erezée. Connu depuis sous le nom de "menhir
Danthine", il est haut de 3,60 et pèse environ 8
tonnes.
Deux autres menhirs ont été
exhumés en 1983 par le Service national des
Fouilles, à 50 m du menhir Danthine. L'un d'eux avait
été brisé et basculé dans
une fosse d'enfouissement : sa base était toujours en place.
Reconstitué, il a une hauteur de 2,15 m. L'autre menhir
était érigé à 1 m au sud du
précédent, dans une fosse
délimitée sur trois côtés
par des blocs de calage et sur le 4ème par une dalle.
Dressé, il était haut de 2,34 m.
Ces deux menhirs n'ont pu être redressés
à leur emplacement originel. Ils ont été entreposés dans la parcelle du
dolmen de Wéris, derrière le monument.
Luma Ed., Aywaille (Coll. Pera)
Les deux menhirs ramenés
à Wéris I
Dans les champs alentour, d'autres pierres
couchées, menhirs potentiels, sont connues, sinon de tous,
du moins de certains. Le géologue Xavier Stainier en a
mentionné comme "blocs erratiques" sur sa carte de 1903.
Depuis, certains ont disparu. La divergence des
intérêts du monde scientifique et du monde
agricole peut constituer un frein à une meilleure
connaissance du site mégalithique.