Le menhir d'Ozo




Le menhir d'Ozo est situé entre les villages d'Ozo et Izier, à 35 m à l'est de la route qui les relie. A son emplacement, le substrat géologique est constitué de siltite alors que le bloc lui-même est en poudingue. Avant la fouille, la pierre était couchée sur le flanc et dépassait la surface du sol d'une vingtaine de centimètres. La fouille s'est déroulée en mai et juin 1999, effectuée par l'équipe de la Direction de l'Archéologie du Ministère de la Région wallonne et de l'asbl Association wallonne d'Etudes mégalithiques.

Lors de cette campagne, quatre faits ont été observés :
- fait n° 1 : la pierre couchée et en partie enfouie dans le sol ;
- fait n° 2 : une vaste fosse creusée anciennement pour détourer le bloc de poudingue. Divers éléments de son remplissage (éclats de poudingue) indiquent qu'elle correspond à une tentative moderne de destruction du monument (en 1942, selon des habitants d'Ozo), des traces de forage ayant aussi été repérées sur le menhir ;
- fait n° 3 : une deuxième vaste fosse qui s'étendait sous le bloc couché et autour, semblant correspondre à une fosse de condamnation du monument (la même observation a été faite au menhir de Heyd) ;
- fait n° 4 : une troisième fosse trapézoïdale aux contours très nets, s'étendant sous l'extrémité nord du monolithe couché. Cette fosse a été clairement identifiée comme la fosse d'érection du menhir, notamment parce que sa forme reproduit assez bien celle de la base supposée du monument, de petits blocs de poudingue trouvés dans son remplissage évoquant des blocs de calage.



L'histoire du menhir a été synthétisée en 4 phases :
- phase 1 : son érection à l'époque néolithique ;
- phase 2 : son basculement à une époque indéterminée, pour des raisons religieuses ou liées à l'agriculture ;
- phase 3 : une tentative moderne de destruction à l'explosif ;
- phase 4 : restauration et mise en valeur.

A l'issue de la fouille en effet, divers fragments de la pointe du menhir, trouvés en cours de fouille, ont été recollés, quelques fissures (consécutives à la tentative de destruction) fragilisant le monument ont été rebouchées avec une résine époxy très fluide. Le menhir a alors été redressé avec une grue dans sa fosse d'érection primitive. Lors de sa mise en place, il tenait tout seul, bien droit, dans sa fosse d'érection, ce qui n'était le cas ni à Heyd ni à Morville. Vu la position de la pierre d'Ozo à l'extrémité du champ mégalithique, ne pourrait-on voir là un signe des progrès accomplis par les constructeurs de mégalithes au fur et à mesure de l'extension des alignements vers le nord ?

Ainsi, le menhir d'Ozo atteint 6,5 tonnes. Haut de 3,40 m, sa silhouette trapézoïdale s'apparente à la forme dite en "Zeupire". Il marque actuellement la limite septentrionale du champ mégalithique de Wéris, étant le seul monument situé sur la rive droite de l'Aisne (il porte le n° 27 dans la classification des menhirs de Wéris).
Sa relation avec les autres monuments n'est pas clairement établie, car il ne s'insère dans aucun des alignements connus. Il pourrait déterminer un axe -pas strictement parallèle aux autres alignements- avec le Thier de Sel, à l'autre extrémité du champ mégalithique. Le menhir d'Ozo est cependant visible de la Pierre Haina.
Le matériel archéologique découvert lors de la fouille se limite à de rares silex, déchets de taille et à quelques petits tessons grossiers.



Dolmens - Menhirs - Pierre poudingue - Alignements - Datation - Pierres de légendes - Bibliographie