S'adapter ou disparaître
La nature défie l'homme
Dans l’actualité, il est régulièrement question de réchauffement climatique consécutif à la concentration croissante de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, une augmentation due aux activités humaines. Et l'on s'inquiète : l'homme pourra-t-il s'adapter ?
Pourtant, autrefois, l’homme a déjà dû faire face à des fluctuations climatiques majeures qui ont totalement modifié son environnement et qui résultaient de causes naturelles indépendantes de sa volonté.
A titre d’exemple, il y a 45.000 ans, en Europe, deux espèces d’hommes se côtoient, l'homme de Neandertal (homo sapiens neandertalensis, qui a disparu il y a 30.000 ans) et l'homme de Cro Magnon (homo sapiens sapiens, c'est nous !). Ils vivent une période glaciaire entrecoupée d’interstades au climat plus tempéré. Le maximum glaciaire est atteint entre 20.000 et 18.000 ans : il fait sur notre continent jusqu’à 10° C en dessous des valeurs actuelles. Dans l’Atlantique, la banquise descend jusqu’au niveau de l’Espagne et la forêt déserte une grande partie du continent européen. Les mers sont plus de cent mètres sous le niveau actuel. Le retrait des glaciers s’amorce vers 17.000 ans et nous entrons en période postglaciaire il y a 12.000 ans.
Lors de ces périodes très froides, l'environnement est bien entendu très différent, et l'homme côtoie et chasse des espèces animales aptes à affronter ces conditions extrêmes. Le mammouth, le rhinocéros laineux, l'ours des cavernes, l'hyène des cavernes, sont des espèces qui ont toutes disparu à la fin de la dernière glaciation, incapables de s'adapter aux conditions changeantes.
Longtemps, la vie des hommes sera nomade, vivant de chasse, de pêche et de cueillette. Sources de vie, les animaux sauvages sont peints, gravés ou sculptés et participent à la compréhension du monde des chasseurs se mouvant dans une nature qu’ils sacralisent. Leur économie et leur civilisation en parfaite osmose avec la nature et totalement dépendantes d’elle va peu à peu se modifier.
C’est au Proche-Orient, de la Palestine à l’Euphrate, que l’homme prédateur va devenir agriculteur et éleveur c'est-à-dire un producteur. Ce changement marque une rupture fondamentale entre l’homme et la nature. L’homme apprivoise la nature, la contrôle, la transforme en domestiquant les plantes et les animaux sauvages. Exploitation plus efficace des ressources disponibles, compétences techniques accrues, spécialisation des tâches, sédentarisation, un nouvel art de vivre s’installe, qui change la vision du monde de l’homme et l’idée du rôle qu’il y joue. Désormais l’homme occupe le devant de la scène.
A partir de là, l’action de l’homme sur la nature devient de plus en plus marquante, encouragée par une croissance démographique galopante. Les grandes inventions se succèdent (métallurgie, écriture, ville…), l’homme développe des techniques de plus en plus sophistiquées, conquiert et aménage à son profit toujours plus de territoires, produit de plus en plus de denrées, maîtrise de mieux en mieux les éléments naturels.
La révolution industrielle du 19e siècle inaugure une nouvelle ère, celle de la mécanisation, de l’exploitation des énergies fossiles (charbon, pétrole), celle de la pollution à grande échelle. La pression de l’homme sur son environnement en est considérablement accrue.
Et puis voilà qu’aujourd’hui l’homme regarde autour de lui et prend conscience des dégâts qu’il a causés à son environnement. Pourra-t-il encore agir positivement sur ce milieu qui semble s’épuiser, se dérégler et ne plus digérer ses excès ? Mais comment agir à nouveau sur le climat, positivement cette fois ?
La nature n’est pas rancunière. Malgré nos agressions répétées, elle nous offre un panel d’énergies propres et inépuisables. Ces énergies dites renouvelables, ce ne sont jamais que celles d’hier (l’homme s’est toujours chauffé au bois, a toujours utilisé l’énergie du vent ou de l’eau). Avec les technologies modernes, il y a là un potentiel extraordinaire (l’énergie solaire à elle seule pourrait couvrir dix mille fois nos besoins). C'est ni plus ni moins une nouvelle révolution industrielle à entreprendre… et réussir.
Les pièces qui illustrent cet article font partie de l'exposition. Celle-ci est ouverte jusqu'au 8 novembre 2009, tous les jours de 10 h à 17h30 au Centre d'Exposition, Place de la Pierre, 10 à Wéris. Des visites guidées, notamment pour les groupes scolaires, sont organisées sur réservation.
Infos : 086/21.02.19.
