Au Centre d'Exposition de Wéris
"Des pierres qui nous font signe"




L'art rupestre paléolithique, la statuaire de bronze étrusque, les arts africains ont fasciné et parfois inspiré nos contemporains, tels Picasso et Giacometti ou Georges Bataille et René Char. N'ont-ils pas retrouvé dans ces oeuvres la force des symboles, grandie par la main de l'artiste et par là même le rôle central de ce dernier dans les sociétés anciennes ? Et, curieusement, en ce siècle où le sacré ne semblait plus faire recette, on assiste à un retour insensible vers le Mythe, retour qui passe d'abord par la dimension esthétique.
Conçue par des archéologues, cette exposition n'a pas pour objet de présenter, selon une démarche consacrée, les résultats récents de la recherche scientifique. Nous avons souhaité franchir les limites de la rigueur - voire de l'austérité - de la discipline pour mettre en scène des oeuvres d'art méconnues.
II est probable que pour ces premiers agriculteurs du Midi de la France qui produirent ces stèles il y a environ 4500 ans, religion, magie et esthétique se confondaient étroitement. On possède un certain nombre d'indices - encore ténus et sujets à controverse - qui nous permettent de penser qu'elles jouaient un rôle majeur dans l'appareil symbolique des communautés de la fin du Néolithique. Mais le ou les messages qui en émanaient ne peuvent aujourd'hui être réellement compris et une analyse structurale de leurs composantes ne soulève qu'un petit coin du voile. Elle a pourtant le mérite de révéler une organisation non aléatoire des symboles figurés (visages, membres, objets divers).
Dès lors sortant du champ de la préhistoire, nous souhaitons que chacun puisse regarder ces oeuvres en toute liberté sans être contraint de se référer à telle ou telle interprétation qui serait forcément restrictive.
Que le poète y trouve matière à chanter le mythe tel qu'il le conçoit, que le sculpteur et le peintre y repèrent l'étonnante sobriété du geste suggérant la figure humaine - ou divine - par quelques traits.
Que le visiteur y trouve tout cela et autre chose encore qui participe de son propre imaginaire.
Ces quelques pierres qui nous font signe auront alors à nouveau vécu - un instant - pour nous, après une si longue absence.

Xavier Gutherz
Conservateur général du Patrimoine
Conservateur régional de l'Archéologie de Languedoc-Roussillon





Cette exposition, montée par la Société languedocienne de Préhistoire et inédite en Belgique, invite à la découverte de l'une des formes les plus anciennes de l'art européen : les statues-menhirs. Ces dalles de pierre, sculptées et gravées par les premiers paysans du Midi de la France il y a 4.500 ans, représentent de mystérieux personnages. Le symbolisme des décors, la stylisation des visages, étaient sans doute destinés à honorer des divinités ou des ancêtres.

Le projet répond à des vocations diverses, autant pour l'intérêt scientifique du thème que pour la simple découverte de l'esthétique de ces monuments étranges. Ces œuvres remarquables et peu connues offrent la vision d'une production préhistorique révélant l'émotion d'un monde oublié dont nous ne détenons plus toutes les clés.

Vingt-sept divinités de pierre (des moulages en résine) sont ainsi sélectionnées, dans une scénographie d'une grande sobriété qui permet diverses approches selon la sensibilité et l'imagination de chacun. Pour les groupes scolaires notamment, les possibilités d'exploitation d'une visite sont nombreuses (un dossier pédagogique est disponible pour les écoles).

L'exposition " Des pierres qui nous font signe " est ouverte jusqu'au 4 novembre 2007, tous les jours, de 10 h à 17h30, au Centre d'Exposition, Place de la Pierre à Wéris.

Droit d'entrée (combiné avec le Musée des Mégalithes) :
- 3 € (adultes)
- 2.50 € (pensionnés, étudiants, professeurs)
- 2 € (enfants 6-12 ans, groupes dès 10 personnes)

Le dossier de presse (format word) est téléchargeable ici.